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I translated the whole fanfiction into English for anyone who wants it! Both collections are available in French and in English on my Patreon. ❤️

Le lendemain, Izuku était sur le pied de guerre. Maintenant, son objectif était de retrouver ce petit garçon blond au visage encore flou. Il savait que ça avait l’air dingue. Qu’il y avait encore moins de chance que les habitués du camping se souviennent d’un seul enfant blond en particulier et, sans plus de détails, alors qu’ils ne se souvenaient même pas d’Izuku…

En faisant son jogging matinal, il réfléchissait à son plan d’action.

Premièrement, aller parler au directeur du camping. Il pourrait peut-être l’aider à trouver ceux qui étaient là à l’époque, et qui sont encore là aujourd’hui. 

Deuxièmement : n’en parler à personne, et surtout pas à Katsuki. Il avait bien vu à quel point toute cette histoire avait blessé le blond, et il ne voulait pas revoir cette douleur sur le visage de celui qu’il aimait. Quant aux autres, il ne voulait simplement pas gâcher leurs vacances.

Bien, ça ressemblait plus ou moins à un plan. Il ne lui restait plus qu’à rentrer, prendre une bonne douche et-

“-oriya !!”

Il s’arrêta d’un coup, glissant presque sur le sentier de terre alors qu’il fonçait dans celui qui essayait de l’interpeller depuis qui sait combien de temps.

“Sh-Shouto ? Qu’est-ce que…” Il baissa les yeux sur la tenue de sport de l’autre garçon. « Oh, c’est vrai, j’oubliais que tu courais aussi. » Il sourit d’un air penaud. “Mais… qu’est-ce que tu fais au milieu du sentier ?”

“Je me suis arrêté pour boire, et quand je m’apprêtais à repartir, je t’ai vu arriver. » Shouto le dévisagea en haussant un sourcil. “J’ai essayé de t’appeler plusieurs fois, mais tu avais l’air perdu dans tes pensées.”

“Hah… ouais, désolé…” Il attrapa sa gourde à sa taille et dévissa le bouchon.

“Encore Bakugou ?”

Izuku rit à ça. “Non, cette fois-ci, ce n’est pas à cause de lui…” Il but une gorgée. “Mais je tiens quand même à te remercier pour tes conseils l’autre jour au restaurant, ça a été vraiment utile.”

Ils commencèrent à marcher ensemble, l’un à côté de l’autre.

“Vraiment ?” demanda Shouto.

“Mmhmm…” fredonna Izuku en souriant. “Katsuki a été d’une grande aide…” Ce qui n’était pas entièrement faux. Il ne mentionnera pas le fait qu’ils ont failli baiser dans les douches publiques, et leur petite dispute de la veille… Shouto n’avait pas besoin de savoir.

Mais le garçon à côté de lui, malgré son air froid, arrivait étrangement bien à lire le comportement d’Izuku. “Alors pourquoi tu as l’air de ne pas avoir tout réglé?”

“Hmm…” Izuku hésita. Mais il sentait qu’il pouvait faire confiance à Shouto. Alors il lui raconta le rêve, ainsi que son plan pour retrouver le petit garçon blond.

Shouto était, comme toujours, très à l’écoute. Il acquiesça sans commentaire jusqu’à ce qu’Izuku ait fini de parler.

“Ton plan est assez logique. Mais pourquoi te contenter du camping?”

Izuku fronça les sourcils, confus, en regardant l’autre, attendant qu’il continue.

“Je sais que les gamins qui viennent en vacances ici finissent tous par aller dans la ville d’à côté. Il y a un grand centre commercial avec une immense salle d’arcade. Tu pourrais te renseigner dans ce coin-là.”

La salle d’arcade… ?

“Katsuki m’y a déjà emmené…” dit doucement Izuku.

Shouto le regarda curieusement. “Et ?”

“Et… le gars qui travaillait là-bas avait l’air de se souvenir de Katsuki… alors peut-être… peut-être qu’il pourrait se souvenir du garçon… ou de moi?” Il se tourna vers Shouto avec enthousiasme. “Mais oui!! Après avoir parlé au directeur, j’irai à la salle d’arcade!”

“Tu veux de la compagnie ? Je ne suis pas sûr d’être très utile, mais sait-on jamais.”

“Je ne voudrais pas t’embêter avec mes problèmes…”

Shouto haussa les épaules. “J’ai que ça à faire de toute façon. Touya est parti bouder je ne sais où.”

Izuku renifla. “D’accord… Eh bien… retrouvons-nous après le déjeuner, si ça te va?”

“Bien sûr.”

“Tu veux courir jusqu’au camping?” sourit Izuku.

Shouto lui rendit son sourire complice et, contre toute attente, il partit en courant comme pour défier Izuku.

“Hey!!! C’est de la triche!” cria Izuku en lui courant après.

“Ce n’est pas de la triche s’il n’y a pas de règles!”

Ils rirent et coururent jusqu’à sa tente. L’un comme l’autre était rouge à cause de l’effort et trempé de sueur.

Après une dernière promesse de se revoir dans quelques heures, ils se séparèrent.

Izuku fila rapidement sous la douche, et une fois rafraîchi et prêt, il se dirigea vers le chalet. Il faisait un peu plus frais aujourd’hui, peut-être un signe que la pluie s’approchait. Il espérait que ce ne serait pas pour ce soir, cependant. Les autres avaient réussi à le convaincre grâce à leur enthousiasme de la veille. Il ne parlait que de la « soirée feu de camp » durant le dîner et, soyons honnêtes, Izuku trouvait ça vraiment sympa.

En ouvrant la porte, il fut surpris de voir Katsuki à moitié allongé dans l’angle du canapé, vêtu d’un short de basket et d’un t-shirt blanc, un genou servant de support à son carnet, ses dents mordant l’extrémité de son crayon et ses oreilles couvertes d’un casque.

Il leva ses magnifiques yeux rouges vers Izuku, et leurs regards se fixèrent l’un sur l’autre pendant quelques secondes.

Il finit par retirer son casque en le mettant autour de son cou. “Tu courais?”

“H-hein?”

Il fit signe vers les cheveux humides d’Izuku. “Tu prends une douche si tôt le matin seulement quand tu cours.”

Izuku le regarda d’un air abasourdi… Il avait remarqué ça ? “Euh… oui, j’ai couru un peu.”

“Mmh.” Il remit son casque sur ses oreilles, décalant légèrement le côté droit pour entendre Izuku. “Il y a du café chaud dans la cafetière.” Il baissa la tête vers son carnet et se remit à griffonner.

“Ah, merci.” Il s’avança dans la cuisine, avec la sensation brûlante que quelqu’un le regardait, mais quand il se retourna pour vérifier, Katsuki était toujours concentré sur son cahier.

Il attrapa une tasse et se servit un café, puis il se retourna et s’appuya contre le comptoir.

Il porta la tasse à ses lèvres sans boire. Il regardait le blond par-dessus la céramique dans ses mains.

C’était envoûtant de regarder ce garçon travailler sur ses chansons. Son visage se déformait parfois, ses sourcils se fronçaient, ou son crayon tapotait sa lèvre inférieure à chaque fois qu’il réfléchissait.

“Je sens ton regard, nerd.” dit-il sans lever les yeux de son travail.

Izuku rougit et finit par baisser les yeux vers sa tasse. “Désolé…”

« … Je n’ai pas dit que je n’appréciais pas. »

Izuku sentit un frisson lui parcourir le dos alors qu’en levant les yeux, il rencontra un regard rouge fixé sur lui. “… Je-”

“LES GARS !!!” hurla Denki en claquant la porte de sa chambre et en sortant en sautillant joyeusement. “Aujourd’hui, c’est le feu de camp!!”

“Et accessoirement notre anniversaire, à Mina et moi…” soupira Sero en le suivant.

Les deux garçons étaient encore en tenue de nuit : ils venaient clairement de se lever, mais le blond était sans aucun doute plus réveillé que le brun.

“Ouais, ouais… Ah! Mido! Mon homme!” Il sauta au cou d’Izuku. “Tu as prévu quelque chose aujourd’hui? On va acheter de la nourriture avec Mina et Kats! Tu devrais venir aussi!”

“Ah, c’est gentil, mais j’ai déjà quelque chose de prévu…” Denki recula en faisant la moue alors que l’autre blond dans la pièce le regardait avec un sourcil levé. Réfléchis vite, Izuku! “En fait, je vais faire les boutiques avec Shouto… pour les anniversaires… trouver des cadeaux, tout ça…” Ce n’était pas un mensonge : techniquement, il allait au centre commercial avec Shouto… donc…

“Todoroki? Oh mec! Dis-lui de se joindre à nous ce soir! Plus on est de fous, plus on rit, n’est-ce pas?”

“OI!!! N’invite pas des gens alors que ce n’est pas ton anniversaire, abruti!” grogna Katsuki.

Denki le regarda un moment. “Mmh… tu as raison.” Il se tourna alors vers Sero, qui se servait une généreuse tasse de café. “Tu en penses quoi?”

Sero regarda les trois visages, puis il sourit diaboliquement en regardant droit vers Katsuki. “Ouais, bien sûr. Invite-le.”

Izuku avait la tête qui tournait en regardant d’un garçon à l’autre. Katsuki avait l’air furieux pour une raison, alors que Sero lui souriait narquoisement. Denki, quant à lui, ne semblait pas y prêter attention, parlant de ses plans pour la journée et la soirée avec un enthousiasme enfantin.

La porte d’entrée s’ouvrit et les voix de Kirishima et Mina s’ajoutèrent au mélange.

“Je ne pense pas qu’on ait le droit, ma puce…”

“Et pourquoi ? Ce serait génial de faire des feux d’artifice!” grommela la jeune fille. Ochaco suivait le pas, l’air déjà épuisé par l’énergie impérissable de Mina.

Elle se glissa rapidement à côté d’Izuku. “Comment ça va?” Elle fit discrètement un signe de tête vers Katsuki.

“Bien? Je crois…” Il croisa rapidement le regard du blond, toujours en colère pour une obscure raison. “J’ai des choses à faire avec Shouto, aujourd’hui.”, dit-il en essayant d’orienter le sujet vers quelque chose de moins sensible.

La brune semblait soudainement abasourdie. “… Shouto… Todoroki?”

“Oui. Je l’ai croisé en faisant mon footing ce matin, on va faire les boutiques pour ce soir…”

Elle plissa les yeux, semblant imaginer tout un tas de choses, probablement fausses. « Lui et toi…”

“Non.” Il la coupa rapidement dans son élan. “On est amis. Ocha, il a un copain… je te jure que si tu te mets encore des idées bizarres en tête…” Il la fusilla du regard.

“D’accord… Mais il est quand même mignon. Je veux dire, je t’encouragerai si jamais…”

Ils sursautèrent au bruit d’une tasse qui tomba sur le sol. Izuku se tourna immédiatement vers le bruit et vit la tasse de Katsuki sur le sol, pas cassée, par chance. “MERDE!!” cria le propriétaire de la tasse avec rage alors qu’il s’était levé sans qu’Izuku ne s’en rende compte. Le blond dégageait une aura menaçante et un silence de mort régnait désormais dans la pièce à vivre du chalet.

“Okaaay ! On va aller faire quelques courses, les gars… on se retrouve pour le déjeuner!” Kirishima avait attrapé la main de sa petite amie et le bras de Denki pour les tirer hors du chalet, ce dernier hurlant qu’il était toujours en pyjama. Sero trouva à son tour quelque chose à faire à l’extérieur, comme laver son linge sale… sans prendre son linge sale.

Il ne restait qu’Ochaco, Katsuki et Izuku.

Katsuki s’était dirigé vers l’évier de la cuisine, en silence, afin de laver sa tasse.

Izuku sentit son téléphone vibrer dans sa poche. En le sortant, il vit que c’était sa mère. « Je dois prendre ça… Je reviens dans une minute ! » Il sortit en trombe et décrocha.

“Salut, maman!”

“Salut, Izuku. Désolée, je n’ai pas pu t’appeler ces derniers jours, j’étais chez une amie.”

Il fronça les sourcils. À sa connaissance, sa mère n’avait pas vraiment d’amis, plutôt des connaissances. Elle n’avait jamais montré aucun intérêt pour se faire des amis. Même à son travail ou lorsqu’elle faisait du bénévolat, elle mettait une limite entre elle et les gens. “Une amie? Quelqu’un que je connais?”

“Oh!… N-non, tu ne la connais pas. C’est une ancienne amie de la fac avec qui j’ai récemment repris contact…” Elle rit doucement, mais ça sonnait faux. Il connaissait trop bien sa mère pour savoir qu’elle était une piètre menteuse.

Et avec ce que lui avait raconté Ochaco lors de son retour, il était vraiment inquiet de son état. “Maman, tu es sûre que ça va?”

“Eh bien… pour tout te dire, Izu, je me sens vraiment seule sans toi à la maison… et… comment dire… je me suis dit que, peut-être, tu pourrais rentrer plus tôt ? Passer du temps avec ta vieille mère avant l’université, tu sais…”

Attends… quoi ?

“Maman…”

“Je sais, mon chéri, je suis égoïste… Mais je ne serai pas toujours là, tu sais ? Et puis tu vas prendre ton indépendance, et je ne te verrai plus…”

Il ferma les yeux et prit une profonde inspiration. “Tu sais que la fac n’est pas si loin… je pourrais rentrer certains week-ends et pendant les vacances…” Il soupira. “Maman, je ne vais pas rentrer plus tôt parce que je te manque… tu me manques aussi, mais… mais j’aime vraiment le temps que je passe ici.”

“À cause de Katsuki?”

Ochaco l’avait prévenu qu’elles en avaient parlé. Et, connaissant sa mère, il savait qu’elle allait finir par y venir. “Il en fait partie, oui. Mais aussi tous les autres. Et cet endroit est vraiment incroyable. C’est tellement relaxant…” dit le gars qui n’arrive pas à se détendre cinq minutes depuis qu’il a posé sa tente.

Et puis elle lui dit quelque chose qui lui fit froid dans le dos. “Je pourrais vous rejoindre?”

“… QUOI? N-non, maman… ton travail… tu…”

“Je peux prendre quelques jours de congé.” Elle le dit d’une façon tellement définitive qu’Izuku eut une boule dans la gorge à cause du stress soudain.

Elle ne pouvait pas… impossible ! Déjà parce qu’elle pensait qu’Izuku était dans un tout autre camping, et si elle débarquait là-bas et comprenait qu’il n’y était pas et lui avait menti, ça lui briserait le cœur. Elle le forcerait à rentrer chez eux et il en entendrait parler jusqu’à la fin de sa vie. Sans parler du fait qu’il aurait moins de temps avec Katsuki et les autres…

“Maman, non. S’il te plaît.” Il essaya de garder son calme. “Tu m’as promis, c’est censé être des vacances sans toi. Si tu viens, ça n’a plus de sens…”

Un silence.

“Tu sais que tu me manques, hein?” Essaya-t-il de la rassurer. “Et peut-être que l’été prochain, on pourra partir en vacances ensemble, ici ou ailleurs, comme tu veux… mais…” Contiens tes larmes, Izuku… “…mais, s’il te plaît, laisse-moi juste ça…”

Il l’entendit prendre une profonde inspiration avant de répondre : “… d’accord…”

La sensation de soulagement qu’il ressentit était indescriptible. “Merci, maman.”

“Je vais devoir reprendre le travail. Je te rappelle bientôt. Je t’aime, Izuku.”

“Je t’aime aussi.”

Et sur ces mots, il raccrocha.

Il regarda l’écran s’éteindre alors qu’il essayait de comprendre pourquoi sa mère avait eu l’air si bizarre. Et qui était cette amie de la fac, et pourquoi reprendre contact comme ça ? Peut-être qu’elle s’ennuyait tellement d’Izuku qu’elle essayait de trouver, ou de retrouver, d’autres personnes avec qui passer du temps…

Il retourna dans le chalet, la tête baissée et encore un peu confus. Lorsqu’il ouvrit la porte, il fut assailli par l’atmosphère de l’endroit.

Ochaco et Katsuki se regardaient avec un tel sérieux qu’Izuku se sentit immédiatement de trop… “Euh… est-ce que… tout va bien?”

“Oui.”, répondirent-ils en même temps.

Izuku les observa tour à tour. Puis Ochaco dépassa Izuku. “Je vais rejoindre les autres.” Elle sortit sans leur adresser un regard, et ils se retrouvèrent à nouveau seuls dans le chalet, où l’ambiance était toujours aussi étrangement pesante.

Katsuki soupira en passant une main sur son visage.

“Il s’est passé quelque chose?” demanda Izuku, essayant de comprendre pourquoi les deux personnes qu’il aimait le plus avaient l’air de s’être disputées pour une quelconque raison.

“Rien d’important.” Il posa le torchon sur son crochet et se tourna vers Izuku. “Donc… Shouto, hein?” Un demi-sourire apparut sur le visage du blond. “Je pensais qu’il ne t’intéressait pas.”

Izuku leva les yeux au ciel. « Il ne le fait pas. C’est juste un ami qui m’a proposé de faire les boutiques avec lui pour trouver des cadeaux pour nos amis. En plus j’imagine que tu sais déjà qu’il a quelqu’un.»

“Ouai. Et c’était une raison suffisante pour l’inviter ce soir?”

Il fronça les sourcils. C’était quoi, son problème ? “Je ne l’ai pas invité, Denki l’a fait.”

Le blond claqua la langue. “Ouais… Mais si à cause de lui son putain de frère débarque, je jure que je-”

“C’est ça ton problème? Touya?” Katsuki le regarda avec colère. Izuku s’approcha doucement. “Écoute… s’il revient après ce que tu lui as dit la dernière fois, c’est moi qui lui botterai le cul. Ok?”

La colère du blond s’évapora et il lança un petit sourire amusé à Izuku, qui se tenait près de lui. “Toi?”

Il hocha la tête avec détermination. “Yep! Je suis plus fort que tu ne le crois.” Il leva un bras pour montrer ses muscles, bien qu’il sache qu’il n’avait rien à envier au garçon face à lui. Mais son objectif était atteint en voyant l’autre se détendre et rire doucement.

“Oh ouais, je paierais cher pour voir ça.” Il approcha son visage terriblement près de celui d’Izuku. “Tu n’as même pas été capable de me faire tomber dans le lac, petit nerd.”

Il sentait une chaleur monter sur ses joues. “D’accord, mais pour ma défense tu es vraiment très lour-”

Il fut stoppé par la grande main du blond se plaquant contre sa bouche, l’autre tenant sa nuque. “Tu allais encore dire que j’étais gros?”

Si proche… son visage était peut-être à dix centimètres du sien, et sans la main de Katsuki pour faire barrière, Izuku aurait peut-être sombré contre ses lèvres.

Il essaya de secouer la tête, mais il était tenu fermement. Il regarda ces magnifiques yeux rouges dans lesquels il pourrait volontiers se perdre une éternité, et respira profondément par le nez…

Il sentit une odeur de liquide vaisselle à l’orange, mais derrière ça, une odeur de cannelle familière titillait ses sens.

Il aimerait tellement mettre cette odeur en bouteille. Chaude, épicée, douce et masculine… Il pourrait la sentir pendant des heures sans s’en lasser.

Le blond le relâcha rapidement et se tourna pour aller chercher des ingrédients dans le frigo pour le repas du midi. “Donc.”

“… Donc?”

“Qu’est-ce que tu as prévu avec Shouto?” dit-il en sortant une boîte de légumes découpés la veille.

“Oh… Je ne sais pas vraiment : faire quelques boutiques ici et là jusqu’à trouver un cadeau, j’imagine.”

“Mmh.”

Le blond continuait à cuisiner, mais il ne posa pas plus de questions sur le programme d’Izuku. Et c’était tant mieux, parce qu’il n’aimait vraiment pas lui mentir. Mais il n’avait pas le choix pour ne pas l’inquiéter.

“Ta mère va bien?”

“Oh, ouais… elle… euh… elle voulait venir me voir, en fait” il rit nerveusement. “Je pense que je lui manque beaucoup, tu sais.”

Il ne manqua pas le fait que Katsuki s’était figé sur place. “Elle va venir?” demanda-t-il sans se retourner.

“Non, je pense que je l’ai convaincue de rester à la maison… Elle s’inquiète trop…” Il regarda par la petite fenêtre de la cuisine. “Et puis elle ne pourrait pas… elle ne sait même pas vraiment où nous sommes…”

“Ah, ouais… vous lui avez dit que vous étiez dans un autre camping, c’est vrai.”

“Ouais…”

“Tiens, aide-moi avec les concombres.” Il tendit un concombre à Izuku et hocha la tête vers la planche à découper près de lui.

Il attrapa un couteau et commença à découper le légume.

“Putain? C’est quoi ça? Tu essaies de faire des roues de tracteur avec ce truc? Coupe plus finement!”

“Ok, Gordon Ramsay…” marmonna Izuku.

“Putain?!”

“Rien!” Il sourit discrètement en baissant la tête vers la planche à découper.

Les autres revinrent au moment où le repas était servi, les bras chargés de courses, et de ce que pouvait voir Izuku, il y avait beaucoup de paquets de chips et de bouteilles d’alcool.

Deux heures plus tard, et après un échec pour trouver le directeur du camping qui, comme par hasard, s'était absenté pour une durée indéterminée, Izuku se retrouva sur le parking du centre commercial.

Il sortit de la voiture de Shouto en claquant la portière côté passager. "Merci de m'accompagner. J’espère qu’on aura plus de chance..."

"C’est bon. En plus, j’ai un peu l’impression de faire une chasse au trésor."

Ils marchèrent en direction de l'entrée du grand bâtiment. "Donc, je suis divertissant?" Izuku rit.

"Disons que tu es...intéressant."

"Ugh...Ne dis pas ça devant Ochaco, elle va encore se faire des idées sur nous."

"Des idées?"

"Tu sais..." Il fit un geste vague avec sa main. "...elle risque de croire que tu flirtes avec moi."

Ils passèrent les portes automatiques et furent accueillis par la musique d'ambiance de la galerie marchande et par le souffle de la climatisation. "Elle penserait que je flirte parce que tu es intéressant?" demanda le plus grand, l’air un peu confus. "C’est bizarre."

Izuku sourit, toujours amusé de voir l’autre garçon avoir autant de mal socialement. Ce n’était pas de la moquerie, cependant, c’était presque attachant. Et savoir que Shouto était aussi honnête était un peu rassurant pour Izuku. "N’essaie pas de comprendre. Même moi, j’ai du mal avec son fonctionnement de pensée alors que je la connais depuis des années."

Shouto fredonna d’accord.

Ils atteignirent rapidement la salle d'arcade, et toute l'anxiété qui, jusqu'à présent, avait échappé à Izuku lui tomba dessus au moment où sa main se posa sur la porte.

Il se sentait comme avant un examen important: ses jambes étaient en coton, son estomac se serrait, et sa tête bourdonnait.

À la caisse, il y avait une jeune fille sûrement de son âge, blonde, les cheveux attachés en queue de cheval. Elle portait le même uniforme que le vieil homme de la dernière fois, mais son badge indiquait juste son nom, Yumi, avec "staff" juste au-dessus.

"Bonjour, bienvenue!" annonça-t-elle avec un sourire charmant.

"Euh...bonjour..." balbutia-t-il maladroitement. Merde, que devait-il demander, déjà?

"Nous recherchons des informations. Sur quelqu'un qui aurait pu être client ici il y a plusieurs années", dit Shouto, son sauveur. Il était d’un tel calme qu’Izuku sentit la tension dans son corps se dissiper un petit peu.

La jeune fille les regarda tour à tour avec curiosité. Puis elle finit par dire "Je travaille ici depuis un an seulement, donc je ne peux pas vraiment vous aider..." Avant que la déception ne s'abatte sur les épaules d’Izuku, elle continua "Mais vous devriez demander au gérant..." Elle leva la tête et essaya de regarder dans les allées de la salle d'arcade derrière les garçons. "Il doit être quelque part dans le coin...Vous ne pouvez pas le rater, c’est un vieil homme qui parle très fort."

"Merci!!" Izuku se tourna et commença à chercher le vieil homme dans les allées, Shouto juste derrière lui.

Il finit par le trouver près des filets de basket, accompagné d’un enfant. "Regarde ça, gamin. Si tu le lances comme ça...tu es sûr de le faire rentrer!" Il lança le ballon qui atterrit dans le filet sans toucher le cerceau. Le garçon était impressionné, il attrapa un ballon et essaya de faire pareil, faisant à son tour atterrir le ballon dans le cercle. "Bien joué, gamin!" Il ébouriffa les cheveux du petit avant que ce dernier ne coure vers ses parents en criant joyeusement qu’il avait marqué.

Le vieil homme avait un visage fier. Il était évident qu’il aimait son métier.

En se retournant, les yeux du vieil homme s'écarquillèrent lorsqu’il vit Izuku, et son sourire disparut instantanément.

"Jeune homme, quel plaisir de te revoir!" annonça-t-il joyeusement tandis que ses yeux racontaient une autre histoire. "Et je vois que tu es avec un ami. Vous êtes venus jouer?"

"Euh...non...En fait, je suis venu vous poser des questions sur quelqu'un qui aurait pu venir ici il y a plusieurs années", dit Izuku.

"...Quelqu'un? Il va me falloir plus que ça, mon petit."

"Eh bien..." Izuku baissa la tête et ferma les yeux, essayant de se concentrer sur ce dont il se souvenait du garçon de ses rêves. Il se redressa et regarda le vieil homme. "C'était un petit garçon, cinq ans, peut-être six? Euh… blond? Je ne suis pas totalement sûr… Il était au camping près d'ici il y a douze ans… Il doit avoir mon âge maintenant..."

Le gérant regarda Izuku. Il y avait quelque chose d'étrange dans son regard, comme de la compassion. "Tu sais combien d'enfants viennent ici tous les jours? Je ne pense pas que je puisse me rappeler d’un gamin qui est venu ici il y a plus de douze ans… Je suis désolé."

Ne pas se rappeler? Pourtant il s'était souvenu de Katsuki... "Vous êtes sûr? Et-et moi? Est-ce que vous savez si je suis déjà venu ici il y a douze ans? Je sais que ça fait longtemps, mais...attendez, j’ai des photos..." Il sortit son téléphone de sa poche et chercha une photo dans sa galerie. C'était une vieille photo de lui et sa mère lors du neuvième anniversaire d'Izuku. "Regardez… c’est moi ici… vous vous souvenez de moi?"

Le vieil homme regarda la photo et secoua la tête. "Je suis désolé, jeune homme..."

Les bras d'Izuku tombèrent mollement à ses côtés. Il n’avait pas beaucoup d'espoir, mais entre le directeur et maintenant ça, ça lui mettait quand même un coup au moral...Il força quand même un sourire. "Ce n’est pas grave. Merci de m'avoir écouté."

Alors qu’il se retournait pour partir, Shouto se tenant silencieusement près de lui, le vieil homme ajouta quelque chose. "Si je peux te donner un conseil, jeune homme...Tu ne devrais pas chercher aussi loin. Essaie de te concentrer sur ce qui est proche de toi."

Izuku prit ça comme une façon de dire qu’il devait aller de l’avant et se concentrer sur l'instant présent. Il lança un dernier sourire au vieil homme et partit.

De retour dans la voiture, il laissa échapper un profond soupir.

Il était tellement frustré de ne pas avoir appris plus que ça...Bien sûr qu’il se doutait que ses chances étaient minces...Mais ça n'enlevait pas moins sa colère et sa peine.

Après un moment, Shouto brisa le silence. "Tu vas bien?"

Il se tourna vers l’autre garçon et força un sourire doux-amer. "Ouais...Je savais que ça n’allait pas être facile."

"Mmh… on peut toujours retourner au camping pour chercher le directeur..." proposa le garçon en démarrant le moteur.

"Ouais..." Il écarquilla les yeux un instant. "J’imagine qu’il n’y a plus que ça à faire." Il s'affala dans son siège en regardant par la fenêtre.

En retournant au camping, Shouto tourna directement vers la réception et gara sa voiture juste devant le bâtiment. Ils sortirent du véhicule et, au moment où ils entrèrent dans le bâtiment, ils virent le directeur, un petit homme aux cheveux blancs, les yeux écarquillés en les voyant. Il se tourna et marcha rapidement dans le couloir derrière le comptoir de l'accueil.

Avant qu’il ne disparaisse, Izuku s'avança précipitamment. "Monsieur, attendez! J’ai une question à vous poser!"

Le directeur s’arrêta, sa main sur la poignée de la porte. Il porta son regard sur les deux garçons avant de fermer les yeux et de soupirer lourdement. "Bien. Suivez-moi."

Izuku ne perdit pas de temps pour rejoindre le petit homme, qui leur tint la porte pour les laisser entrer dans ce qui devait être son bureau, à en juger par le nom sur le bureau qui indiquait "Directeur Nezu". C'était une petite pièce aux murs et au carrelage blancs, avec une bibliothèque sur le côté remplie de livres et de classeurs. Au milieu de la pièce se trouvait son bureau avec une chaise noire, ainsi que deux fauteuils.

Izuku s’assit sur l’un d’eux, Shouto sur l’autre, tandis que le directeur prenait place à son bureau. "Bien, je vous écoute."

"Oui… euh, merci de nous accorder votre temps… je me demandais si vous saviez des choses sur les campeurs qui étaient ici il y a douze ans."

"Il y a douze ans? C’est… loin..." dit-il en plissant les yeux.

"Oui… En fait, je suis venu en vacances ici avec mon père il y a douze ans et je me demandais si je...si je pouvais retrouver quelqu'un qui était là à cette époque."

La pièce tomba dans le silence. Le directeur le regarda avec suspicion. "Tu es au courant que je n'ai pas le droit de te donner des informations personnelles sur les gens qui viennent ici, n’est-ce pas?"

"O-oui, bien sûr! Ce n’est pas… euh… j'aimerais juste savoir… si… si par hasard vous avez entendu parler d’un accident survenu ici il y a douze ans."

"Bien sûr. Les personnes qui étaient dans cet accident étaient des campeurs. Tout le monde dans le coin a eu connaissance de ce terrible accident." Il posa ses coudes sur son bureau. "Mais quel est le rapport avec-" Il s'arrêta. Puis Izuku vit le moment exact où le directeur comprit. "Tu es le gamin de cet accident… Mais bien sûr… Comment n'ai-je pas pu le voir plus tôt..." Il passa une main sur son visage. "Je comprends mieux, maintenant", marmonna-t-il pour lui-même. "Mais quel est le rapport avec le fait de retrouver une personne que tu as connue à cette période?"

Izuku avait les poings serrés sur ses genoux. Il expliqua rapidement ses problèmes de mémoire, sans rentrer dans les détails, mais assez pour que l’autre comprenne son désarroi. "...Voilà… C’est pour ça que je pense que prendre contact avec des gens que j’ai connus, ou qui ont connu mon père ici, pourrait m’aider."

"Mmh… c’est compréhensible." Il s’adossa à sa chaise, croisant les bras sur sa poitrine. "Bien. Que veux-tu savoir?"

Izuku cligna des yeux, ne s’attendant pas à la coopération de l’autre homme. "Euh… je… je crois que j'étais ami avec un enfant à l'époque, un garçon que je surnommais Kacchan. Il était blond, peut-être… le même âge que moi, ou très proche..."

"...Je ne peux pas vraiment te donner un nom avec une description approximative, tu sais?"

"Oui, je me doute bien...mais je-"

Le directeur leva la main pour l'interrompre. "Mais… laisse-moi un peu de temps."

Izuku se tendit. "... Du temps?"

L’homme hocha la tête. "Nous avons des archives photo et vidéo, des images prises lors de soirées ou d’événements organisés par le camping. Mais, comme cela fait plus de dix ans, ces photos et vidéos n'ont pas encore été numérisées, et il me sera assez difficile de mettre la main dessus dans l'immédiat… Donc je vais avoir besoin d’un peu de temps, peut-être deux ou trois jours."

Izuku retrouvait espoir. Il y avait peut-être des images du petit garçon… mieux encore, il y aurait peut-être des images de son père! "Oui! Oui, bien sûr, je comprends!"

"Tiens..." Il attrapa un post-it et un stylo et les tendit à Izuku. "Écris ton adresse mail, je te les enverrai dès que je les aurai. J'espère que ces images t'aideront." Il se leva et les deux garçons firent de même.

Izuku remercia sincèrement le directeur alors qu’il les raccompagnait jusqu’à la porte.

"Une dernière chose, ne dis rien de tout ça à Bakugou", dit le directeur Nezu.

Izuku le regarda, confus. "Hein? Pourquoi?"

"Disons que j'ai mes raisons. Au revoir, messieurs." Et la porte se referma devant eux.

"Tu as compris ce qui vient de se passer?" demanda Shouto, tout aussi incrédule que lui.

"Pas vraiment… c’était super bizarre..."

"Ouais. Mais au moins tu avances, ces images t'aideront peut-être."

Izuku sourit sincèrement. Parce que, pour la première fois, il avait vraiment de l'espoir. Même s’il ne voyait pas le garçon blond sur les photos, peut-être que lui-même y serait, ou son père...

Il était fou de joie, à tel point que ses jambes décidèrent de sautiller toutes seules. Il entendit Shouto rire derrière lui alors qu’ils marchaient vers la voiture. "Tu vois. Il ne faut pas baisser les bras" lui dit-il chaleureusement.

Et Izuku, toujours extatique, le prit dans ses bras. C’était un peu bizarre, parce que l’autre était plus grand que lui, mais il s’en fichait. "Merci… merci mille fois, Shouto. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi..."

Shouto lui rendit maladroitement son étreinte. "Je n’ai rien fait d’autre qu'aider un ami."

Izuku sourit à ça et recula pour sourire sincèrement à Shouto. "C’est déjà beaucoup."

En remontant dans la voiture, après avoir encaissé ces montagnes russes d'émotions, Izuku se rendit compte de quelque chose d'assez important. "... On a oublié les cadeaux..."

Et juste comme ça, ils repartirent au centre commercial pour acheter plusieurs choses pour la soirée, ainsi que les cadeaux.

Ça leur prit plus de temps qu’il ne le pensait, car quand ils rentrèrent finalement au camping il était déjà plus de 19h. Ochaco lui avait envoyé un message un peu plus tôt pour qu’ils les rejoignent directement à la cabane de pêcheur.

En arrivant sur place, les bras chargés de sacs, le feu crépitait déjà doucement dans le bois fraîchement déposé dans le cercle de pierre. Ce n'étaient encore que de simples braises dansant doucement autour du bois sombre, comme si les flammes essayaient de l’enlacer.

"Enfin!" cria Denki en apparaissant devant le visage d'Izuku. "Vous en avez mis du temps! Vous vous êtes perdus? Ou bien vous vous amusiez tellement que vous nous avez oubliés." Il lança un regard aux deux garçons, puis fit un petit clin d'œil à Izuku...

Merde, lui aussi allait s’y mettre...

"Il y avait vraiment du monde dans les magasins aujourd'hui" répondit Shouto avec sa nonchalance légendaire.

"Oooh, je vois, je vois…” acquiesça le blond en hochant la tête.

Shouto et Denki commencèrent à discuter, mais Izuku ne les entendait plus. Il n'entendait même plus rien. Parce que là, plus loin, derrière le feu de camp, à quelques mètres du ponton, se tenait Katsuki, les mains dans les poches, discutant avec une fille.

Une fille qu’il ne reconnaissait pas.

Elle riait joyeusement à quelque chose qu’il venait de dire, en glissant l'une de ses mèches noires derrière son oreille percée.

"Qui est-ce?" demanda-t-il à personne en particulier, ses yeux toujours fixés sur la scène qui lui donnait la sensation d'avoir été poignardé.

"Oh, c’est...Mia? Mae? Je ne sais plus..." l’informa Denki. "On l’a croisée avant de venir ici, elle vient d'arriver au camping avec sa famille, et comme elle ne connaît personne, Mina lui a proposé de venir avec nous."

"Je vois..."

Elle posa sa main sur le biceps de Katsuki, et Izuku sentit ses ongles transpercer ses paumes.

Une chaleur contre son bras détourna son attention. Il tourna la tête et vit sa petite brune préférée lui sourire tristement. "Tu m’aides à ranger tout ça? On a pris une glacière si vous voulez mettre des choses dedans..." Ochaco le tira devant la cabane, là où ils avaient déposé toutes leurs affaires ainsi que les cadeaux. Elle essayait clairement de le distraire, et il lui en était reconnaissant.

Sero, Kirishima et Mina étaient déjà en train de discuter du programme de la soirée. Quand Izuku arriva vers eux, Mina fit immédiatement une grimace à Izuku. "Je suis désolée, mon ange… Je ne pensais pas qu’elle serait… comme ça..."

Comme ça, sous-entendu la nouvelle fangirl de Katsuki. Peut-être le nouveau plan cul de ce dernier. Peu importe.

"Ça va." Il sourit à Mina. "On est là pour s'amuser, non?"

"Bien dit, mon frère!" cria Kirishima en sortant des bières de la glacière et en en donnant une à tout le monde, sauf à lui, parce qu’apparemment il était capitaine de soirée auto-désigné. "Ce soir, on fait la fête!"

Izuku ne se fit pas prier pour boire.

La soirée se passait bien, ils mangèrent autour du feu de camp avant que la nuit ne tombe complètement. Les flammes avaient entièrement englouti le bois maintenant.

Il fit tout son possible pour ne pas regarder vers Katsuki, qui était assis face à lui de l’autre côté du feu, une bière à la main, une fille accrochée à son bras.

Shouto s'était assis à côté de lui, alors il en profita et ils discutèrent."Tu n’as jamais mangé de s’more?"

L'autre garçon haussa les épaules."Je n’ai jamais vraiment fait ce genre de chose en général..." Il fit un geste vers le feu.

Izuku rit. “Moi non plus. A vrai dire j’ai même regardé des vidéos pour savoir comment faire…” Il attrapa un marshmallow, y enfonça un pic et le tendit à Shouto. "Tiens, je vais te montrer." Il en prit ensuite un pour lui. "Tu le mets au-dessus du feu comme ça… pas dedans, il risque de brûler… voilà… tu attends qu’il soit légèrement doré." Il tendit la main pour attraper des biscuits. Il en garda deux pour lui et en donna deux à l’autre garçon."Maintenant il faut que tu glisses ton marshmallow entre les biscuits...comme ça!"

Shouto imita Izuku, son sourire s’illumina alors qu’il finissait de préparer son s’more. "J’ai réussi..."

Izuku rit. "Ouais! Maintenant c’est la meilleure partie!"

Il regarda Izuku avec un sourcil levé, confus. "La meilleure partie?"

Le vert lui fit son plus beau sourire."La dégustation!" Il croqua dans son s’more et le regretta instantanément. "Ah! Merde, merde, merde! C’est chaud!"

On lui tendit une bouteille d'eau qu’il attrapa rapidement et avala. "... Merci..." Il leva la tête pour regarder celui qui lui avait tendu la bouteille. Bien sûr… il fallait que ce soit Katsuki, qu’il essayait d'éviter depuis le début.

"Fais juste attention. Arrête d’être un idiot." Puis il retourna s'asseoir à sa place. La brune à ses côtés avait l’air confuse. Elle regardait entre lui et Izuku comme si elle essayait de comprendre quelque chose.

"Ça va?" lui demanda Shouto, son s’more toujours dans la main.

"Ouais… ouais, ça va..." mentit-il, sa langue et son cœur brulant.

Finalement Shouto mangea son biscuit et jura que ce truc venait de lui donner le diabète. Mais il en remangea ensuite trois autres.

Alors que la soirée se déroulait et que tous avaient bu une ou plusieurs bières, sauf Kirishima, et Shouto qui n’aimait pas vraiment l’alcool, Mina se leva pour aller chercher quelque chose dans ses affaires. Elle revint avec deux bouteilles de rhum, des gobelets et un sourire jusqu'aux oreilles.

"Ok les gars! C’est l’heure de jouer!" Elle servit un verre à tous ceux qui buvaient. "Bien, nous allons jouer à Je n’ai jamais..., les règles sont simples: quelqu'un dit une phrase en commencant par “Je n’ai jamais…”, si vous l'avez déjà fait, vous buvez, sinon vous êtes tranquilles!"

"Sérieusement? Je connais le genre de choses que tu vas dire, Pinky… tu nous veux tous ivres morts?" grommela Katsuki.

La jeune fille lui fit un clin d'œil avant de s'asseoir sur la cuisse de Kirishima."Doooonc je commence! Je n’ai jamais...eu de coup d’un soir!" Elle but.

Ainsi que Denki, Ochaco, Katsuki et la fille à son bras.

"Bébé!" grogna Kirishima en faisant la moue.

"C'était avant toi, mon amour~" Elle embrassa bruyamment sa joue, le calmant instantanément. "Bien, au suivant!"

Sero continua. "Ok, j’y vais...je n’ai jamais...été sur un site de rencontres!"

"Meeec..." soupira Mina.

"Quoi? J’ai juste dit ce qui me passait par la tête!" se défendit le brun en buvant, comme tous les autres, sauf Katsuki et Kirishima.

"Wow, autant je comprends pour Bakugou, mais Kirishima?" demanda Ochaco, perplexe.

Le roux sourit à pleines dents."Je n’en ai jamais eu besoin. Mina est ma première, et elle sera ma dernière..."

"Oh mon bébé..." La jeune fille le serra brusquement dans ses bras en embrassant tout son visage.

"D'accord, d'accord, qui est le prochain?" demanda Sero.

"Oh!! Moi!" cria Denki en levant la main.

Katsuki soupira. "On n’est pas à l'école, abruti..."

Le blond électrique n'écouta pas et continua. "Je n’ai jamais simulé un orgasme!" Denki but à nouveau, ainsi que tous les autres, sauf Izuku et Shouto.

"Attendez...pour les filles je peux comprendre...mais les gars...?" demanda Izuku, curieux.

C’est Katsuki qui lui répondit en le regardant droit dans les yeux à travers le feu."Orgasme sec."

"C’est… possible?"

Le blond lui lança un sourire dangereux. "Quoi, tu veux essayer?"

Izuku écarquilla les yeux et devint rouge."N-non..."

"Bien. À mon tour", annonça Katsuki, surprenant tout le monde. Il ne lâcha pas Izuku du regard en poursuivant… "Je n'ai jamais… fantasmé sur un personnage fictif."

Le fils de pute.

Izuku fronça les sourcils en regardant l’autre, comme un défi. Il accepta et porta son verre à ses lèvres. Les autres buvaient peut-être aussi, mais il ne regarda pas. Le blond lui souriait toujours diaboliquement.

"Mon tour” dit Izuku en essuyant la goutte de rhum sur sa lèvre inférieure. Le regard furieux vers Katsuki, qu’il avait essayé d'éviter depuis le début de la soirée. "Je n’ai jamais...eu de relation sexuelle dans un lieu public."

Katsuki eut l’air d’abord surpris, un sourcil levé comme pour essayer de comprendre à quoi pensait le garçon face à lui en disant quelque chose comme ça devant tout le monde. Mais son sourire ne s'estompa pas une seule seconde.

Il entendit vaguement les autres être surpris par son audace. Mais lorsque lui et le blond portèrent leur verre à leur bouche en ne se quittant pas une seconde des yeux, tout le monde se figea. Il entendit vaguement quelqu'un tousser en avalant de travers et quelqu'un d’autre, peut-être Sero, dire quelque chose comme "C’est pas vrai..."

Ouais… il était peut-être allé trop loin, parce que maintenant tout le monde avait sûrement compris qu’il s'était passé quelque chose entre eux...Mais vous savez quoi? En regardant le visage choqué et pâle de la fille à côté de Katsuki, Izuku se fichait bien d'être découvert. Le petit monstre vert tapi à l’intérieur de lui était satisfait.

"O-ok… euh… à mon tour!" Ochaco détourna l'attention de tout le monde, sûrement pour aider Izuku, comme elle l’a toujours fait.

Il finit par détourner le regard, écoutant vaguement sa meilleure amie, mais l’alcool commençait déjà à faire effet...Ils avaient tous pas mal bu avant le jeu, mais avec le rhum en plus, Izuku se sentait un peu ivre et chaud.

Il tapota légèrement l'épaule de Shouto pour le prévenir qu'il devait aller se soulager et se leva.

Il passa derrière la cabane de pêcheur et s'enfonça légèrement dans les bois… Il n’avait pas vraiment besoin d’y aller, il avait juste besoin d'être un peu seul un moment. Peut-être pour se remettre du fait qu’il venait d'avouer à tout le monde qu’il avait couché avec Katsuki dans un putain de lieu public..."Mais quel crétin..." gémit-il en shootant dans une pomme de pin.

"Je te le fais pas dire." Il sursauta en entendant la voix derrière lui.

Il ne se retourna pas, il savait qu’il était encore rouge et il s'était déjà assez embarrassé comme ça. "Qu’est-ce que tu veux, Katsuki?"

"Je vérifie que tu ne te fasses pas enlever par un ours." Il entendait le sourire dans sa voix, et bien sûr Izuku ne put retenir le sien.

"Idiot..."

Il entendit le craquement des branches alors que le blond se rapprochait de lui. "Pourquoi tu ne te retournes pas?" dit-il, plus proche.

"Pourquoi je le ferais?"

"En général, quand quelqu'un te parle..." Encore plus proche… "Tu dois le regarder, Deku."

Il se retourna finalement. Le blond était juste à deux pas face à lui. Son sourire narquois toujours bien en place.

"Qu’est-ce que tu fais là, Katsuki..." redemanda Izuku.

"Mmh..." Le blond leva la tête vers les arbres et le peu de lumière de la lune qui filtrait à travers les feuilles. "J’avais besoin d’air..."

"Et tu as laissé ta nouvelle copine toute seule? La pauvre doit être triste."

Katsuki baissa la tête, ses yeux rouges rencontrèrent les verts. "Est-ce du mépris que j'entends dans ta voix, nerd?"

Izuku rougit. "N-non! C’est juste… elle doit se sentir seule, tu sais, comme… comme elle est restée avec toi toute la soirée et tout..."

Un silence gênant s'installa entre eux, enfin surtout gênant pour Izuku… Quel idiot… Être amoureux faisait vraiment baisser son QI… D’abord le jeu, maintenant ça… Merde, qu’est-ce qui n’allait pas chez lui ce soir?

Mais il le savait. Bien sûr qu’il le savait. Il l’a compris au moment où il a vu cette fille près du blond, il l’a accepté au moment où elle a enroulé ses bras autour du sien, sa poitrine collée contre son biceps. Il l’a laissé l’englober totalement jusqu'à ce qu’il s'expose volontairement aux yeux de tous. Il était juste-

"Tu es jaloux."

Izuku écarquilla les yeux aux mots sortant de la bouche du blond. Non pas parce qu’il ne le savait pas déjà, mais parce qu’il n’a jamais voulu que Katsuki le sache.

"Q-quoi? Non! Pourquoi je serais… pff, je n’ai aucune raison d'être jaloux..." se défendit-il en riant nerveusement et en regardant partout sauf Katsuki.

La main de Katsuki agrippa son visage et le maintint face à lui. De la même façon que ce soir là, dans les douches… "Tu es un très mauvais menteur, Izuku."

Un frisson lui parcourut le corps des pieds à la tête alors que ses yeux de feu magnifiques et brûlants le transperçaient.

Il fit un pas en arrière, puis un autre, pour tenter de fuir peut-être, ou trouver quelque chose à quoi se raccrocher… Il avait du mal à penser plus loin que les doigts tenant sa mâchoire.

Puis il s'arrêta. Non pas par choix, mais parce que son corps se trouva plaqué contre un arbre. Katsuki le tenait et le regardait toujours, et Izuku n'avait aucune idée de ce que pouvait ressentir l’autre.

"Tu es jaloux, avoue-le."

"Pourquoi je-"

"Deku." Son ton était ferme."Tu es jaloux de cette fille, n’est-ce pas?" Puis il se pencha vers l'oreille d’Izuku et murmura."Tu as peur que je rentre au chalet… que je l'emmène dans ma chambre… et que je la baise..."

Izuku ferma les yeux et se mordit la lèvre. Son corps entier brûlait. Il était comme du bois pris dans le feu qu'était Katsuki Bakugou.

Le blond continua sa délicieuse torture, ses lèvres contre le lobe d'Izuku, la main qui tenait sa mâchoire glissant jusqu’à son cou, l’autre se posant sur sa hanche. "Tu es jaloux en imaginant que je la penche sur mon lit… et que je la prenne jusqu'à ce qu’elle crie mon putain de nom..."

Il sentait son sexe palpiter dans son short, ses mains étaient moites et inutiles le long de son corps, son souffle s'accélérait alors qu’il essayait de garder le contrôle.

"Tu es jaloux...parce que tu aimerais que ce soit toi...n’est-ce pas...Izuku..." Il mordit l'oreille d'Izuku.

Et, peut-être était-ce l'excitation, peut-être était-ce l’alcool...mais il ne put empêcher le murmure désespéré d’un "...Oui..." de sortir de ses lèvres.

Izuku ouvrit les yeux, les pupilles dilatées et la respiration haletante. Le mot venait de s'échapper, incontrôlable, révélant la vérité brûlante qu'il s'efforçait d'étouffer. L'espace d'une seconde, il regretta sa faiblesse, sa vulnérabilité totalement exposée à la seule personne à qui il essayait de la cacher.

Katsuki se redressa légèrement, un sourire lent et prédateur étirant ses lèvres. "Bien… c’est ce que je pensais..." La main qui tenait son cou exerça une légère pression, inclinant son visage vers lui. Puis, sans prévenir, sans hésitation, ses lèvres s'écrasèrent sur celles d'Izuku.

Le baiser était sauvage, urgent, et avait le goût de la bière, du rhum et de la cannelle. Ce n'était pas tendre, mais c'était tout ce qu'Izuku désirait. Ses lèvres étaient douces, mais sa bouche était pleine d'une ferveur brute qui le fit fondre.

Il répondit immédiatement, levant ses mains pour agripper les épaules de Katsuki, le tirant encore plus près, cherchant à s'imprégner de cette chaleur, de cette présence qui le consumait. Leurs langues se rencontrèrent, une danse fougueuse qui coupa le souffle à Izuku, le faisant gémir légèrement contre la bouche du blond.

Katsuki retira doucement ses lèvres, leurs fronts se touchant, leurs souffles mêlés, haletants. Ses yeux étaient sombres, emplis d'une émotion intense qu'Izuku n'arrivait pas à déchiffrer. "Je ne comptais pas la baiser" finit-il par avouer, choquant Izuku qui cligna des yeux.

"Tu… quoi?"

"Je ne veux pas coucher avec elle" répéta-t-il en reculant d’un pas pour leur permettre de reprendre leurs esprits. "Je suis gentil avec elle parce que c’est l’anniversaire de Mina et Sero, sinon je l'aurais envoyée chier."

Izuku ne put retenir son rire, et Katsuki sourit en le regardant. "Quoi? Tu te moques de moi?"

"N-non, je suis juste surpris que tu fasses "semblant" d'être gentil avec une inconnue pour ne pas gâcher l’anniversaire de tes amis" gloussa-t-il.

"Ouais, ouais, rigole. Rappelle-moi qui est-ce qui a avoué devant tous ces idiots qu’on a fait des trucs pas très catholiques dans un lieu public parce qu’il était jaloux? Ils m'ont demandé si on avait fait ça dans le putain de lac, Deku!"

Izuku se figea et rougit plus qu’il ne l’était déjà. "Q-quoi?! Qu’est-ce que tu leur as dit?"

C’est au tour du blond de rire. "Je leur ai dit de se mêler de leur cul."

"Ka-Katsuki! Ils vont croire qu’on a… oh mon dieu..." Il gémit en cachant son visage entre ses mains.

"C’est bon, ils s’en fichent. En plus de ça, je pense que ceux qui ne le savaient pas déjà l'avaient deviné."

"Ce n’est pas vraiment plus rassurant..."

"Tu te prends trop la tête..." Il ébouriffa les cheveux d’Izuku. "Mais on devrait y retourner avant qu’ils viennent nous chercher."

"Ouais..." Izuku se figea un instant. "Tu… tu m'as embrassé..."

Katsuki haussa un sourcil. "Ouais, ce n’est pas la première fois, tu sais."

"Mais...tu as dit que tu ne voulais pas de ça avec...avec un ami..."

Le blond leva les yeux au ciel et réfléchit quelques secondes avant de hausser les épaules et de se retourner."J’ai changé d'avis" dit-il en commençant à marcher.

Izuku était totalement stupéfait, la bouche entrouverte, les yeux écarquillés, les lèvres gonflées par le baiser intense qu’il venait de recevoir.

Il courut rapidement après l’autre. "Qu’est-ce que...qu’est-ce que ça veut dire?" demanda-t-il timidement au blond en le regardant de côté.

Ce dernier continua de marcher sans le regarder, mais un sourire tendit ses lèvres. "Ça veut dire qu’on n’a qu’un été ensemble. Alors autant en profiter." À ce moment-là, ses yeux se tournèrent vers Izuku. Et pour la première fois, Izuku y trouva une étincelle qu’il pouvait nommer. Pour une fois, Izuku savait ce que ressentait Katsuki. Parce qu’il ressentait la même chose. Du désir.

"Tu veux… avec moi?" Il était tellement fixé sur le visage du garçon à ses côtés qu’il ne vit pas la pierre qui le fit trébucher. Mais comme toujours, la main de Katsuki le rattrapa.

"Putain de nerd! Fais attention!" Il redressa Izuku. "Et oui, crétin. Mais je ne fais rien à un mec qui n'ose même pas dire le mot "sexe"."

Izuku le repoussa, gêné. "Je peux le dire! C’est juste que… tu m'as surpris..."

"Hah?"

"Je ne m'attendais pas...à ce que tu me veuilles...pour...du sexe..." Il dit le dernier mot doucement, comme un murmure. Katsuki remarqua son hésitation à en juger par son sourire diabolique. Mais il ne le taquina pas plus à ce sujet.

"Parce que ce qui s’est passé dans les douches n’a pas rendu ça évident?" Il rit. "Je ne voulais juste pas que ce genre de bêtise ruine notre amitié ou peu importe… Mais j’y ai réfléchi, et ces idiots qui me servent d'amis me rappellent assez souvent que l'été ne durera pas… alors voilà." Il hésita un moment avant de continuer. "Tu peux dire non, bien sûr...ça ne changera rien entre nous, dans un cas comme dans l’autre."

"Katsuki..."

"Mmh?"

"Tu me demandes… d'être ton-"

"Si tu finis cette phrase, je te suspends à un arbre avec ton stupide t-shirt", grogna-t-il."D'ailleurs, qui porte un t-shirt avec écrit "t-shirt de camping"?!"

Izuku aimait bien jouer avec la mort, apparemment."...Ton ami avec avantages, apparemment..."

Katsuki se figea, les yeux écarquillés. Il jura bruyamment et cette fois, Izuku n’eut pas le temps de s’enfuir que le blond l’avait déjà attrapé par les cuisses et soulevé sur son épaule."Je t'avais prévenu, espèce de petit démon!"

Il donna une fessée à Izuku.

Ce dernier était apparemment assez ivre pour ne pas retenir le gémissement qui s'échappa de ses lèvres.

Et Katsuki, bien sûr, l’entendit.

Izuku sentit l'épaule sous ses hanches se tendre légèrement alors que le blond continuait de marcher, puis, d’une voix amusée, il dit."Tu ne finiras jamais de m'étonner."

Il eut au moins la décence de faire descendre Izuku avant que leurs amis puissent les voir.

Katsuki reprit sa place près de la brune, non sans regarder Izuku avec un sourire sournois alors que la fille enroulait à nouveau ses bras autour du sien. Et il traitait Izuku de démon, quel connard...

Lui-même se rassit à côté de Shouto. Sero s'était installé de l’autre côté du garçon, ils avaient discuté ensemble le temps de l'absence d’Izuku.

Ils continuèrent tous à boire plus que de raison, sauf Kirishima et Shouto. À un moment donné, Ochaco avait sorti une enceinte et avait mis de la musique. Il se souvient vaguement avoir dansé avec les filles sur un remix de I Kissed a Girl de Katy Perry, où les paroles disaient "I kissed a boy" alors qu’ils chantaient, ou plutôt criaient à s’en casser la voix, en lançant des regards et des sourires à un certain blond qui le dévorait des yeux.

Après ça, tout était flou.

Jusqu'à ce qu’il ouvrit les yeux avec la plus grosse migraine qu’il ait jamais eue. Il les referma instantanément en gémissant à la lumière du soleil qui traversait la fenêtre de la chambre.

...

Attends...quoi?

Il rouvrit rapidement les yeux, au diable la douleur. Il vit la fenêtre en face de lui...mais il n’y avait aucune fenêtre dans sa tente...

Il ne bougea pas. Restant allongé sur le coté face à la fenêtre. Il avait peur d'imploser s’il bougeait. Il essaya de se rappeler la fin de la soirée, mais c’était le noir complet.

Puis il sentit le drap glisser sur sa peau… nu...

Merde… merde, merde, merde...

Bon, au moins il portait un caleçon...

Il remarqua l'étui à guitare de là où il se trouvait, juste à côté de la fenêtre.

Puis une respiration, profonde, endormie...

Et un mouvement...

Un bras s’enroula autour de lui et un corps chaud se pressa dans son dos...

Il n’avait pas besoin de se retourner pour savoir qui c'était. La douce odeur de cannelle lui emplissant le nez le rendait assez évident...

Non… Non, ce n’était pas possible… 

Il se souvient avoir vaguement parlé à Katsuki la nuit dernière...Ils avaient parlé de coucher ensemble, non? C’est ce qu’il s’est passé?

Attendez… Izuku aurait perdu sa virginité la nuit dernière? Et il ne s’en souviendrait même pas?!

Sa vie était une putain de blague!!!

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