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Je vous écris depuis mon train retour. Le week-end commence à retomber doucement, et avec lui cette fatigue particulière qui arrive après les moments trop pleins - quand tout a été trop rapide, trop dense, et qu’on réalise seulement après coup ce qui vient de se passer.

D’abord la tempête. Nils dehors, le vent constant, les trains annulés, le trajet incertain. Plus de 24h pour atteindre Toulouse sans vraiment savoir comment j’allais y arriver. Cette sensation d’être déplacée en permanence, de ne jamais être exactement là où on avait prévu d’être. Et puis finalement, je l’ai quand même atteinte. Dans un véhicule utilitaire conduit depuis Bègles (près de Bordeaux) jusqu’à Toulouse. Vous m’imaginez : valise cabine, teckel en sac, bottes à talons. Une image assez fidèle de ce week-end finalement - un peu absurde, mais déterminé.

L’exposition ensuite. Le montage prévu sur un jour et demi, finalement condensé en une seule après-midi. Aller vite, décider vite, accrocher sans trop réfléchir. Deux cadres cassés - tant pis. Ne pas pouvoir tout contrôler oblige à lâcher un peu prise, à faire confiance à ce qui tient déjà, à ce qui existe sans qu’on ait besoin d’en rajouter. Il n’y a pas vraiment eu de vernissage, pas de moment officiel. Juste des passages, des conversations, des présences discrètes. Quelque chose de plus simple, presque plus juste.

Et puis le live radio. Le direct, toujours un peu vertigineux - encore plus à 2h du matin. Deux invités. Préparer, mais pas trop. Laisser de la place à ce qui arrive. Parler d’un parcours de construction très personnel aux côtés d’une autre photographe de l’intime, puis d’un ami proche. C’est une situation particulière : être intime dans la vie, et devoir soudain formuler les choses en public. Trouver la bonne distance entre ce qui nous appartient et ce qui peut être partagé. Dire sans trop exposer. Rester sincère tout en sachant qu’on parle aussi à des inconnus, quelque part, dans la nuit.

Je crois que tout le week-end tournait autour de ça finalement : comment rendre visible - ou audible - quelque chose de profondément personnel sans le figer.

Je vous laisse avec quelques images de ces moments.

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