Peindre la peau (Patreon)
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Cette série est née d’une envie simple : laisser la peinture toucher le corps comme un geste intime.Avec l’artiste Kovaview et deux modèles, nous avons transformé la peau en surface vivante. Pas une toile immobile, mais un territoire sensible où chaque ligne suit la respiration, les muscles, la chaleur du corps. La peinture ne recouvre pas, elle accompagne. Elle glisse, tremble parfois, disparaît dans les plis de la peau.
Ce qui m’intéressait surtout, c’était la frontière entre la trace artistique et le contact. Le moment où le geste du pinceau ressemble presque à une caresse, où les mains deviennent aussi importantes que les regards. Dans certaines images, on ne sait plus vraiment si la peinture relie les corps ou si ce sont les corps qui prolongent la peinture.
Les lignes se déplacent d’une peau à l’autre comme une écriture instinctive. Une mémoire du geste. Quelque chose de très physique, presque primitif.
Le fond doré agit comme une icône détournée. Il sacralise les corps tout en laissant apparaître leur vulnérabilité : la pilosité, les tatouages, les marques, la texture réelle de la peau. Rien n’est caché, rien n’est figé.
Le body painting crée aussi une temporalité particulière. Tout est éphémère. La peinture peut s’effacer, couler, se mélanger avec la chaleur des corps. La photographie devient alors une trace de ce moment fragile où la matière est encore vivante.