CONSIDÉRANT que l’émancipation de la femme constitue un fléau social (Patreon)
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Pas de revue de presse aujourd’hui (Désolée, j’ai été occupée pas mal cette semaine).
À la place, je vous propose de faire suite à la publication d’hier sur Abattoir au sujet du débat sur le suffrage féminin qui préoccupait les Québécois et Québécoises en 1922.
En février 1922, 500 femmes, menées par Marie Gérin-Lajoie et Idola St-Jean, vont plaider pour le droit de vote des femmes devant le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau.
Québec est late in the game sur la question du suffrage universel : en 1922 toutes les autres provinces, à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard et de Terre-Neuve-et-Labrador.
Les intellectuels, journalistes et ecclésiastiques du Québec accumulent les chroniques, lettres d’opinion et caricatures antiféministes dans l’espoir de conserver le statu quo. Imagine 74 chroniques en ligne du Journal de Montréal sur les dérives de la gauche, avec les arguments qui vont avec, mais en 1922.
«Quant aux jeunes femmes, mariées ou non, mais heureusement très peu nombreuses, qui réclament l ’égalité électorale pour pouvoir annuler par leur vote la volonté du chef de famille, du mâle qui, aujourd’hui comme à l’âge de pierre, va à la chasse, laboure la terre, gagne du pain, défend le foyer veille sur la Cité, la seule réponse qu’on leur doive, c’est une douche d’eau froide, puis une bonne fessée.»
De nombreuses femmes, dont les membres de la Fédération des femmes canadiennes françaises, s’opposaient aussi au suffrage féminin.
Il reste bien peu de temps pour faire du féminisme
CONSIDÉRANT que le suffrage féminin doit être regardé comme une doctrine subversive de l'ordre divin, naturel et social, et cela pour les raisons suivantes: —
(a) Parce que pour accomplir le rôle noble et élevé que Dieu a confié à la femme, elle doit veiller comme par le passé sur la famille et sur le foyer domestique, et cela en parfait accord avec la devise de notre Fédération: “POUR NOTRE FOYER”;
(b) Parce qu’en se mêlant aux agitations publiques, la femme serait une cause assurée de la ruine de la famille, et par le fait même, de la perte de la société;
(c) Parce que le suffrage féminin est de nature à diminuer, sinon à détruire la dignité des époux, la paix et I’harmonie au foyer, en même temps que l'autorité des parents, en faisant perdre à la femme le respect qu'elle doit avoir;
(d) Parce que l’émancipation de la femme constitue un fléau social, qui aggrave d'autres fléaux, tel que le divorce qui afflige déjà la société et diminue l’œuvre maternelle;
(e) Et parce que la société, comme la famille, réclame de la femme tout son temps pour veiller à I’éducation et au salut de ses enfants et pour faire aussi dans ses moments de loisirs des œuvres patriotiques, charitables et philanthropiques, tel que nous le demande notre constitution.
Un beau geste de la fédération
Nos OG wokesses de l’égalité vont même jusqu’à Rome en mai 1922 pour demander l’approbation du Pape, en vain.
Le Québec va finir par céder et accorder le droit de votes aux femmes en 1940, 24 ans après le Manitoba et 15 ans après Terre-Neuve.
Sources :
Droit de vote des femmes au Canada
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