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Vous le savez comme moi que la loi 96 va mener à des actes de délation arbitraires, du harcèlement et des crimes haineux envers les immigrants sur la base de la langue parlée right?

On va assister à une augmentation des crimes motivés par la haine dans les prochains mois, avant même que la loi soit applicable. Pas juste en entreprises ou dans les institutions publiques là. Les gens vont cibler les allophones de façon aléatoire, comme ils le font avec les femmes qui portent le voile ou les personnes d’origine asiatique depuis le début de la pandémie. 

Et ils vont se sentir justifier de le faire.

Les citoyens exposés aux injustices sociales les jugent toujours plus acceptables si celles-ci sont appuyées par des figures d’autorité (personnalités politiques, législateurs, médias, corps judiciaire).

En 2020, le nombre de crimes motivés par la haine à l’égard d’une race ou d’une origine ethnique a augmenté de 80 % selon Statistique Canada.

Projet de loi 96 - Réalités invalidées des femmes immigrantes violentées allophones

«C’est avec inquiétude que la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes (FMHF) réagit à l’adoption du projet de loi 96. Il est primordial de rappeler les réalités et les conditions de vie des femmes immigrantes violentées allophones accueillies dans les maisons d’hébergement membres de la FMHF. Les obstacles sont nombreux lorsque vient le temps d’offrir des services, de dépister, de référencer ou d’intervenir auprès de ces femmes traumatisées lorsqu’aucune langue n’est partagée.

Dans ce sens, il semble dangereux et préjudiciable de forcer ces mêmes femmes à devoir nommer dans une langue qu’elles ne maitrisent pas, les épisodes de violence et les traumas qu’elles vivent après seulement 6 mois de vie sur le territoire québécois. Avec l’adoption du projet de loi 96, trop de femmes en maisons d’hébergement ne pourront plus bénéficier de soutien et de l’aide dans leur langue maternelle si fondamental afin d’exprimer leur souffrance et leur vécu traumatique et enfin pour s’émanciper d’un contexte de violence. D’autant plus de pouvoir maîtriser après en très peu de temps une langue étrangère dans de telles circonstances, être dans un état de stress post-traumatique ne peut permettre un tel apprentissage en accéléré.

La méconnaissance du français et l’impossibilité de communiquer dans leurs langues, en plus de complexifier l’intervention sur leur vécu traumatique, est un fardeau que ces femmes traînent au quotidien. Vecteur principal de l’intégration socioprofessionnelle, de l’émancipation et de l’autonomie, il est impératif que toutes les femmes immigrantes aient accès à un interprète pour toutes les démarches administrative-judiciaires et qu’elles soient écoutées dans leur langue et à leur rythme dans leur processus de reprise de pouvoir et d’émancipation d’un contexte de violence.»

Pour en savoir plus :

Hockey Canada règle une affaire d'agression sexuelle hors cour

Une femme a été agressé sexuellement à plusieurs reprises alors qu'elle était en état d'ébriété dans une chambre d'hôtel à la suite d'un gala de la Fondation Hockey Canada en juin 2018. 8 joueurs de l'équipe nationale junior de hockey 2017-2018 l’ont violée tour à tour.  Leur crime était calculé.

«La plaignante a allégué que les actions des joueurs constituaient un complot parce que les joueurs l'auraient encouragée à boire de l'alcool, l'auraient isolée de ses amis, se seraient livrées à des actes sexuels avec elle, auraient fait pression sur elle pour qu'elle ne parte pas alors qu'elle faisait l'effort pour le faire, lui auraient ordonné de dire qu'elle était sobre pendant un enregistrement vidéo et lui a ordonné de prendre une douche après les agressions sexuelles. Elle a également allégué que les accusés avaient fait pression sur elle pour qu'elle ne signale pas les joueurs à la police et qu'elle ne coopère pas à une enquête criminelle après son ouverture.»

Les avocats de la victime ont demandé 3,55 millions de dollars, dont 2 millions de dollars pour les dommages pécuniaires passés et futurs, 1 million de dollars pour les dommages-intérêts punitifs, 300 000 $ pour la douleur et la souffrance et 50 000 $ pour le stress mental et émotionnel.

À lire aussi:

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Lecture : Déviriliser le monde, de Céline Piques

Céline Piques propose un titre qui semblera provocateur à certains : oui, il y a un problème de virilité dans notre société. Elle égrène des chiffres qui parlent d’eux-mêmes : « En France, 96 % de la population carcérale est masculine. Les hommes sont responsables de 99 % des viols, de 97 % des violences sexuelles, mais aussi de 95 % des vols de véhicules, de 99 % des incendies volontaires ou encore de 89,5 % des destructions et dégradations ». Tout l’intérêt de son propos est de ne pas se cantonner à une dénonciation de la masculinité toxique, mais de la placer dans une réflexion politique : l’autrice se présente en tant que « féministe matérialiste » et réfléchit à ce qui pourra déconstruire cette construction genrée de la violence.

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