Archives de mannequinat n°11 (Patreon)
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En rangeant mes archives, je suis retombée sur cette série réalisée il y a plusieurs années, à l’époque où je faisais encore du mannequinat. C’est une période étrange à revisiter aujourd’hui. À ce moment-là, j’étais principalement devant l’objectif, et pas encore complètement consciente de la façon dont les images se construisent. Je posais, j’apprenais, j’observais beaucoup. Sans vraiment savoir que cette expérience allait aussi nourrir ma façon de photographier plus tard.
Ce que je trouve intéressant en regardant ces images aujourd’hui, c’est le décalage entre le rôle qu’on attend d’un modèle et ce que je ressentais réellement. Le mannequinat demande souvent de devenir une surface sur laquelle projeter une idée, un style, une attitude. Mais intérieurement, il y a toujours quelque chose de plus complexe. Ces photos ont été prises sur les quais de Paris, dans cette lumière de début de journée qui rend tout plus doux et plus cinématographique. Il y avait du vent, la Seine derrière.
À l’époque, je ne pensais pas encore en termes de séries ou de narration. Pourtant, en les regardant aujourd’hui, je vois déjà apparaître des éléments qui me suivent encore dans mon travail : les corps dans l’espace urbain, la tension entre élégance et vulnérabilité, et cette fascination pour les moments où une personne semble à la fois très présente et légèrement ailleurs.
C’est étrange de regarder ces images maintenant, avec le regard de la photographe que je suis devenue. Comme si je découvrais une ancienne version de moi-même, capturée par l’objectif de quelqu’un d’autre.