Chambre d’hôtel, autoportraits flous (Patreon)
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Quelques autoportraits réalisés dans une chambre d’hôtel nantaise, tout début juin.
Je me souviens de cette période assez précisément. Le début du mois, cette sensation étrange d’avant-été, quand les journées s’allongent mais que tout n’est pas encore complètement parti. J’étais à Nantes, dans une ville que je connais, où j'ai grandis, mais depuis une chambre qui ne m’appartenait pas.
Je me souviens surtout de sa lumière un peu verte, du lit défait, du miroir rond, de cette impression d’être à la fois quelque part et nulle part. Comme souvent dans les chambres d’hôtel, il y avait quelque chose d’anonyme, presque impersonnel, mais qui devenait très vite intime.
On y arrive avec ses affaires, sa fatigue, son corps, ses pensées du moment. On y dépose une version de soi, même pour quelques heures. Et parfois, sans trop savoir pourquoi, cette version-là reste dans les images.
À Nantes, il y avait sûrement quelque chose de particulier pour moi. Une sensation de retour. Une ville familière, mais regardée depuis un décor provisoire. C’est peut-être ça que j’aime dans ces chambres : elles deviennent des bulles temporaires, des parenthèses où l’on peut se regarder autrement;
J’ai pris ces images comme on garde des traces. Sans vraiment chercher à construire une série, ni à me montrer frontalement. Mon corps apparaît par fragments, dans le flou, dans le miroir, dans la distance. Comme si l’image gardait davantage l’ambiance que la personne.
Aujourd’hui, en les revoyant, j’y retrouve moins une pose qu’un moment. Une solitude douce, un jeu avec la chambre, une manière d’habiter quelques heures un décor qui n’était pas le mien.
Quelques autoportraits comme les traces d’un passage, d’une ville, d’un début juin.