Revue de presse de la semaine du 5 mai (Patreon)
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Cette semaine, j’ai lu ces (excellents) articles en lien avec la violence commise dans un contexte conjugale dans La Presse.
Rima Elkouri pose une question nécessaire dans sa chronique intitulée « Urgence féminicides » :
« Alors que le manque de place dans les maisons pour femmes victimes de violence conjugale s’est encore aggravé, le filet de sécurité en place est-il suffisant ? »
Une question moins urgente peut-être, mais tout aussi fondamentale, serait :
Alors que le manque de place dans les maisons pour femmes victimes de violence conjugale s’est encore aggravé, la prévention de la violence auprès des personnes les plus susceptible de la commettre est-elle suffisante?
Tous ces articles traitent spécifiquement de violences envers les femmes et des mesures pour les soutenir. On parle d’hébergement et du filet de sécurité si essentiel pour les victimes de violence, au moment où elles sont en train de la subir ou en train de la fuir. On parle de formation spécialisée offerte aux patrouilleurs et aux enquêteurs pour détecter si une strangulation a été commise après les faits.
Les contrevenants, eux, sont nommés du bout des lèvres, au détour, l’agresseur, l’ex-conjoint.
On parle de «danger imminent».
On parle de «situation» qui se «détériore».
On parle de «milieu violent».
On hésite à nommer l’ours dans la pièce.
Les grands oubliés de toute la littérature sur la violence conjugale, ce sont les auteurs.
C’est un fait malheureux mais qui est démontré. Les hommes représentent la majorité des auteurs de violence entre partenaires intimes. Ils sont statistiquement plus nombreux à commettre des infractions entraînant la mort, des tentatives de meurtre, des voies de fait grave (comme l’étranglement), des agressions sexuelles, du harcèlement criminel et des menaces.
Pourtant, on ne trouve pas pertinent de cibler ce groupe démographique dans les campagnes, stratégies gouvernementales et couvertures médiatiques concernant ces enjeux.
Nulle part n'est mentionnée l'épidémie de violence masculine. Nulle part n'est évoquée la misogynie, l'hostilité à l'égard des femmes, l'adhésion des auteurs aux normes de genre traditionnelles et à la masculinité rigide.
Omerta sur leur entitlement à disposer du corps, du temps, de l'attention, des services et de la soumission de leur conjointe.
Niet de leur incapacité à gérer leurs émotions de manière saine.
Pas un mot sur leur besoin d'anéantir celles qu'ils ne peuvent contrôler.
Saviez-vous que, dans le monde automobile, les assurances pour les conducteurs masculins sont plus élevées que pour les conductrices?
Les tarifs d’assurance se basent sur l’évaluation des risques, appuyées par les statistiques et les probabilités.
Statistiquement, les jeunes conducteurs masculins sont plus souvent impliqués dans des accidents que leurs homologues féminins, parce que les hommes sont plus susceptibles d'adopter des comportements de conduite risqués. Les données montrent une incidence plus élevée d'excès de vitesse, de conduite en état d'ivresse et d'accidents plus graves.
Ça ne signifie pas que tous les hommes ont des comportements de conduite risqués, ni qu’aucune femme n’a de comportements semblables. Et ceux qui ne sont pas concernés par ces statistiques ne s’en formalisent pas. Ils ne sont pas dans les commentaires d’Intact Assurances en train de hurler NOT ALL DRIVERS.
À lire:
Chronique : Urgence féminicides
Violence conjugale à Montréal : au moins 10 femmes étranglées par semaine
Femmes migrantes : les grandes oubliées de la violence conjugale
Une première association pour les victimes de violence conjugale et familiale voit le jour
+
La responsabilisation des hommes auteurs de violence conjugale
Qui sont les personnes auteures de violence entre partenaires intimes
La Presse présente par ailleurs un dossier sur la masculinité cette semaine
Devenir un homme : notre dossier complet
Plus:
Au procès, la plaignante a raconté crûment de nombreuses agressions sexuelles d’une grande violence : claques au visage, coups de poing sur les fesses, morsures jusqu’au sang, étranglement, sodomie, etc. « Out of the blue, il m’a sauté à la gorge. Il m’a étranglée à deux mains. J’ai été rapidement étourdie », a-t-elle raconté.
Selon la défense, la plaignante est une « idéologue » qui croit que les hommes sont tous « violents de façon inhérente ». D’ailleurs, elle s’est déjà dite « misandre ». Sa « position idéologique » sur les relations hommes-femmes l’a donc menée à interpréter les gestes de Brad Aeon sous un certain prisme, a poursuivi Me Ginzburg, qui a entre autres évoqué « le comportement émotionnel » de la plaignante.
Winnipeg : le tueur qui a fait quatre victimes visait les femmes autochtones vulnérables
Le premier jour du procès pour meurtre de Jeremy Skibicki a permis d’apprendre que l’accusé cherchait ses victimes dans des refuges pour les itinérants et ciblait les femmes autochtones vulnérables. Alors qu’il était interrogé par la police au sujet d’un meurtre horrible, il a avoué avoir fait trois autres victimes.
Natalité :
Le pape compare les armes et la contraception
Le pape François a critiqué vendredi l'industrie de l'armement ainsi que la contraception, les accusant de détruire ou d'empêcher la vie, lors d'une conférence à Rome sur la crise démographique qui touche l'Italie et l'Europe.
Il a également demandé aux gouvernements de mettre en place des politiques pro-famille "sérieuses et efficaces" pour s'attaquer au problème, en exhortant les jeunes à avoir confiance en l'avenir.
Le pape a appelé notamment à des politiques qui permettent aux mères de ne pas avoir à choisir entre le travail et la garde des enfants, et qui donnent aux jeunes couples la chance d'avoir un emploi stable et la possibilité d'acheter une maison.
Le pape n’a toutefois pas exhorté les pères à assumer les mêmes responsabilités parentales que les mères dans le projet familial.
Québec Les naissances au plus bas en près de 20 ans
Le Québec a connu une baisse de 3 % du nombre de naissances entre 2022 et 2023, selon les données publiées mercredi par l’Institut de la statistique du Québec.
Les facteurs pour expliquer le déclin des naissances sont multiples. M. Fleury-Payeur évoque le coût de la vie et l’accès difficile à la propriété. Simplement l’accès à un logement, par exemple pour passer d’un 4 et demi à un 5 et demi, est difficile dans le marché de l’habitation actuel.
Le démographe ajoute que le désir de mettre au monde des enfants est à la baisse et que cela peut être lié à des préoccupations, notamment du point de vue de l’environnement.
La difficulté de former des unions stables est aussi un domaine de plus en plus étudié pour tenter de comprendre l’influence que cela peut avoir sur le désir de procréer.
Natalité : qu'est-ce que le "check-up fertilité" à 20 ans, annoncé par Emmanuel Macron ?
Dans le cadre de la lutte contre l’infertilité et pour assurer le "réarmement démographique", Emmanuel Macron a annoncé un "check-up fertilité" à 20 ans avec spermogramme et mesure de la réserve ovarienne.
Contrairement aux spermatozoïdes qui sont en perpétuelle production, on ne peut pas créer de nouveaux follicules ovariens. L'objectif étant d'alerter la femme sur la fertilité potentiellement limitée et de trouver les facteurs qui l'ont peut-être déclenché comme le tabac, l'endométriose ou encore l'exposition aux perturbateurs endocriniens.
Manifestation contre l’avortement: des citoyens se rassemblent à Ottawa
Des centaines de manifestants se sont rencontrés jeudi devant le parlement à Ottawa pour dénoncer la pratique de l’avortement. Une contre-manifestation du camp pro-choix s’est aussi amorcée.
Deux députés conservateurs ont livré des discours lors de la manifestation pro-vie.
«Nous sommes appelés à protéger la dignité de la vie, de la conception à la mort naturelle, car nous sommes tous faits à l’image et à la ressemblance de Dieu», a déclaré Arnold Viersen, député de Peace River - Westlock en Alberta.
Les conservateurs ont promis de ne pas rouvrir le dossier du droit à l’avortement si son parti est éventuellement porté au pouvoir.
Avortement « clandestin » à Montréal : un acte « odieux et barbare », lance le juge
Un avortement « clandestin » pratiqué par un pseudo-médecin. Avec des brochettes de barbecue. À Montréal. En 2024. C’est le supplice qu’a vécu une demandeuse d’asile, sous le joug d’un conjoint qui menaçait de la « découper en morceaux ». Ce préposé aux bénéficiaires dans un CHSLD restera détenu jusqu’à la fin de son procès.
#MeToo: avant le Festival de Cannes, le milieu du cinéma a des sueurs froides
À l'approche de la 77e édition de la manifestation, le sujet des agressions sexuelles occupe quotidiennement l'espace médiatique. Une liste de dix noms d'acteurs, réalisateurs et producteurs censément pris dans la tourmente circule et pourrait être divulguée avec la montée des marches.
Iris Knobloch, Cannes et le #MeTooCinéma : « Nous suivons la situation de près »
Et pour finir, si vous n’avez pas encore commencé Baby Reindeer sur Netflix, allez-y (avec d’immenses TW).
Aucun spoiler, mais pour celleux qui savent : j’ai écouté l’épisode 4 hier soir et je suis SHOO-KET. Quel morceau d’écriture sur les violences sexuelles magistral.
La confusion. L’hypersexualisation. Le besoin de validation. La DOUCHE. My god. Ça a fessé dans la maison, comme on dit (on dit ça, non?).
Bon weekend les loulous, doux <3
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