Le refuge misogyne de Janette Bertrand (Patreon)
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TW : viol, inceste, misogynie, pédocriminalité
Le refuge sentimental est un courrier du cœur tenu par Janette Bertrand dans Le Petit Journal entre 1958 à 1968. En 10 ans, à une époque affligée par la misogynie, l’homophobie, la répression sexuelle, où les violences sexuelles et conjugales sont communes et impunies, Janette publie plus de 300 chroniques, dans lesquelles elle offre ses conseils à des femmes et des hommes qui cherchent un refuge à leur douleur. Et ces conseils étaient, parfois, douteux… voire criminels.
Voici quelques extraits du Refuge sentimental de Janette Bertrand.
7 juillet 1963

«J'aime ma femme, même si je la trompe quelquefois. Sa sœur de 12 ans m'aime, et me le dit. Que faire? Je suis un nomme. JOHNNY
[…]
— Vous êtes bel homme, vous avez des tentations, apprenez à contrôler votre orgueil mâle, vos sens; laissez parler votre raison sinon vous serez toute votre vie un don Juan dont on profite mais qui n'est jamais aimé.»
15 mars 1964

«Voici mon problème : environ un an avant mon mariage, un garçon m'a forcée à faire l'acte du mariage. Lorsque je me suis mariée. J'étais enceinte de trois mois et depuis, mon mari ne cesse de me dire que l'enfant n'est pas à lui.
[…]
— Reste à savoir si voire mari savait la vérité avant de vous épouser ou s'il a été joué par vous. S'il a accepté la situation, il devrait être conciliant et n'en plus jamais parler. S'il a été joué, dupé, il n’a pas fini de vous faire payer sa déception.»
3 janvier 1965

«J'ai 15 ans, je vais souvent garder chez une dame qui a deux petites filles. Mais le mari n'accompagne pas toujours sa femme quand elle sort. Je vais garder quand même lorsqu'il est là, pour leur faire la cuisine. Dans ce temps-là il profite de moi, II m'embrasse, il me touche et me serre contre lui. Mol, je me débats, je le menace – mais il gagne toujours.
Même, une fois que j’étais dans la chambre à mettre la petite au lit, il vint me retrouver… Et vous devinez ce qui s’est passé.
[…]
— Il ne faut plus aller garder chez cette dame. Plus du tout! Ce n’est pas quand il sera trop tard, quand vous serez enceinte qu’il faudra prendre des décisions. N’y aller plus et, si cette femme vous pose des questions, trouvez des excuses plausibles.»
5 septembre 1965

«Je suis mariée et mère d'un garçon de dix ans. Mon mari, comme tant d'autres, est un adepte de la boisson. Dernièrement, alors qu'il était sous l'effet d'alcool, il a commencé à instruire mon garçon des choses sexuelles, mais d'une manière vicieuse! […] Une autre fois qu'il était saoul il voulait, le croiriez-vous?, que je me présente devant mon garçon complètement nue. Son but : l'instruire.
[…]
— Je pense qu'il est grand temps que vous ayez une explication très sérieuse avec votre mari sur la façon d'éduquer vos enfants ! Et si votre mari ne peut pas s'empêcher de salir votre fils, quittez-le. On ne vit pas avec un obsédé sexuel qui risque de gâcher la vie de ses enfants.»
17 décembre 1967

«Mon mari est très chaud de nature: moi, pas assez.
Il m'a demandé de lui pardonner si un jour s’il avait une aventure avec une autre femme, parce que ce serait seulement pour se satisfaire. Et une semaine après m'avoir dit cela, il est rentré à six heures le dimanche matin. […] Il a trente ans, et moi vingt-trois. Nous avons deux petites filles de quatre ans et une de six mois.
[…]
— Je pense que vous devriez mettre les cartes sur la table et lui offrir de remplacer sa maîtresse. Avec des bons livres de sexualité (ceux du Dr Lionel Gendron, par exemple), de la patience et de l'amour, vous y arriverez.»
10 mars 1968

«J'ai aimé mon patron, je suis enceinte de deux mois et il m'a laissée tomber.
Il est marié, et je suis enceinte de deux mois. Quand je le lui ai dit, il m'a répondu que si je croyais qu'il allait demander un divorce ou uue séparation d'avec sa femme, j'étais bien bête: que j'aurais dû faire plus attention, comme je savais qu'il était marié. Il m'a dit, de plus, qu’il ne voulait pas d'ennuis et que je ferais mieux de me chercher du travail ailleurs, qu’il m'avait assez vue.
[…]
— Votre lettre est inventée de toutes pièces. Les filles de 1968 ne peuvent pas être idiotes au point de 1- croire qu'en couchant avec un homme elles n'auront pas d'enfants; 2- ignorer qu’un homme marié qui dit aimer une jeune fille se sert de l‘amour comme d'un moyen d'obtenir ce qu’il veut; 3- croire qu'un homme marié va divorcer pour épouser une fille qu’il a rendue mère; 4- croire qu’un patron va garder sa secrétaire qu'il a engrossée.»
24 novembre 1968

«J'ai placé ma femme sur un piédestal.
Eh bien, savez-vous ce que celle conduite idolâtre pour ma femme m'a donné? Madame se croit d'une supériorité incontestable vis-à-vis son mari, Madame se permet de critiquer ma conduite sans raison. Madame se permet de me couper la parole alors que je m'adresse à nos amis. Madame fait naturellement chambre à part puisque c'est elle qui décide quand les relations doivent avoir lieu. […]Donc, Madame, la conclusion de mon expérience : je crois que la femme aime être bafouée par l'être qui l'aime et aime surtout un homme infidèle, qui la bat de temps en temps : quelques-unes se plaignent si le mari bat trop fort, mais de nature je crois qu'elles ne sont heureuses que lorsque méprisées de ceux qu'elles aiment… J'attends votre réponse. UN TATA DE QUEBEC
[…]
— Vous avez eu fort de faire un ange d'un être humain, c'était le moyen le plus sûr d'être déçu, Quant aux femmes qui aiment être battues, ce sont des anormales, elles sont l‘exception.»
Vous pouvez lire toutes les chroniques du Refuge sentimental sur le site numérique de la BAnQ.