Revue de presse des semaines du 4 et 11 juillet (Patreon)
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Malgré la divulgation massive et en continu de toutes nos humiliations au cours des dernières années, certains doutent encore de l’ampleur des violences commises envers les filles et les femmes. On leur a dit : « J’ai été agressée sexuellement ». Il y a eu des reportages, des entrevues, des enquêtes, des rapports, des statistiques, des sondages, des chaires d’études, des livres, des podcasts, des poursuites, des dénonciations. On a dit #moiaussi, #metoo, #metoo inceste, #metoo des femmes autochtones, #metoo des femmes racisées, #metoo scolaire, #metoo en musique, #metoo en cuisine, #metoo en littérature, #metoo à l’université, #metoo Hollywood, #metoo politique, #metoo dans la rue, #metoo à la maison.
On a répété : « On m’a agressée sexuellement » et eux, ils ont encore aujourd’hui l’arrogance de feindre une surprise qui sonne de plus en plus comme de l’indifférence et de l’incrédulité.
Si vous êtes réellement pris de court par l’ampleur des violences sexuelles, ce n’est pas parce qu’on ne vous l’a pas dit 4 300 448 fois. C’est parce que vous ne nous avez pas cru. Et parce que vous ne vous sentez pas concernés.

La formation des juges au coeur de la tempête
Alors que Québec est en train de déployer son plan visant à redonner confiance aux victimes d’agressions sexuelles, cet objectif a été frappé de plein fouet par la récente — et fort critiquée — décision du juge Matthieu Poliquin d’absoudre un agresseur sexuel. La question de la qualité de la formation des juges est ainsi revenue sur la sellette cette semaine. Car si les experts voient d’un bon oeil le nouveau programme de perfectionnement en matière de violence sexuelle inscrit dans la loi par le gouvernement québécois, ils rappellent toutefois qu’il ne sera pas obligatoire pour tous les magistrats.
La loi, sanctionnée en novembre 2021, comprend désormais cette obligation : « Toute personne qui se porte candidate à la fonction de juge doit s’engager à suivre, si elle est nommée, le programme de perfectionnement sur les réalités relatives à la violence sexuelle et à la violence conjugale établi par le Conseil de la magistrature. »
Cette nouvelle exigence a toutefois une limite, avertit Me Sophie Gagnon, directrice générale de l’organisme Juripop : elle ne vise que les nouveaux juges et non pas ceux qui sont déjà en exercice.
Quelles conséquences pour Thomas Levac et Philippe Bond?
Philippe Bond devra dans un premier temps prouver la faute de Thomas Levac. Il devra ensuite faire la preuve des dommages à sa carrière, sa réputation et ses revenus, puis démontrer la causalité entre les déclarations de M. Levac et les dommages qu’il a subis.
Par la suite, M. Bond devra faire la preuve d’une intention malicieuse de la part de Thomas Levac. S’il réussit à le faire, M. Levac s’exposerait à des dommages punitifs.
Un juge aura ensuite la responsabilité de se prononcer sur ce cas en tenant compte de la liberté d’expression, mais également du droit à la réputation.
Hockey Canada rouvre son enquête sur les allégations d’agression sexuelle
La fédération canadienne, qui est sous le feu des critiques depuis des semaines, a publié jeudi une lettre ouverte adressée aux Canadiens.
Elle relance notamment l'enquête concernant les allégations d'agression sexuelle impliquant des membres de l'équipe nationale junior de 2018. L'enquête sera de nouveau menée par un tiers indépendant.
Hockey Canada a précisé que la participation de tous les joueurs concernés est obligatoire, ajoutant que toute personne qui refuse sera exclue de toutes les activités et de tous les programmes avec effet immédiat.
Une étude confirme que la cyberhaine vise davantage les femmes.
Menaces d’agression sexuelle, cyberharcèlement, dénigrement : une nouvelle étude produite par le Conseil du statut de la femme brosse un portrait accablant de la violence en ligne dont sont victimes les Québécoises.
75 % des Québécoises de 18 à 24 ans affirmaient avoir vécu de l’hostilité en ligne, comparativement à 67 % de leurs pairs masculins.
« Cette forme de violence affecte l’ensemble des femmes, et donc la société entière du fait que, pour s’en protéger, certaines femmes peuvent éviter d’être actives en ligne ou dans des sphères d’activité publique, ce qui se traduit par une perte de leur apport à la société. »
L’étude complète : L’hostilité en ligne envers les femmes
La crise du coût de la vie frappera davantage les femmes, selon un rapport
Le Forum économique mondial estime qu’il faudra désormais 132 ans ― en baisse comparativement à l’estimation précédente de 136 ― pour que le monde atteigne la parité entre les sexes, que l’organisation définit autour de quatre facteurs principaux: les salaires et les opportunités économiques, l’éducation, la santé et l’autonomisation politique.
Une répartition par pays a donné les meilleures notes à l’Islande, suivie de plusieurs pays nordiques et de la Nouvelle-Zélande, ainsi que du Rwanda, du Nicaragua et de la Namibie. L’Allemagne, la plus grande économie d’Europe, est arrivée à la 10e place dans le rapport de 146 pays. Plus bas dans la liste se trouvaient les plus grandes économies du monde: les États-Unis occupaient la 27e place, la Chine la 102e et le Japon la 116e. Le Canada se situe au 25e rang.
Les femmes qui travaillent dans le secteur de la santé et des soins gagnent 24 pour cent de moins que les hommes.
Ce rapport, qui constitue l'analyse la plus exhaustive sur les inégalités salariales entre hommes et femmes dans le domaine de la santé, révèle un écart de rémunération brut d'environ 20 points de pourcentage, qui passe à 24 points de pourcentage si l'on tient compte de facteurs tels que l'âge, l'éducation et le temps de travail. Ces résultats montrent que les femmes sont sous-payées par rapport aux hommes sur le marché du travail.
Podcasts :
Ma version des faits : Le cas Marc Bissonnette


La journaliste judiciaire Isabelle Richer revient sur les procès qui l'ont marquée et qui ont marqué le Québec.
En 1993, le Dr Marc Bissonnette, un chirurgien plastique de Montréal, est arrêté à sa clinique et accusé d'agression sexuelle sur une patiente sous anesthésie. Deux témoins et des preuves génétiques semblent sceller le sort du Dr Bissonnette. Un combat s'enclenche entre une jeune procureure de la Couronne et un avocat de la défense expérimenté, devant un juge impressionné par l'accusé respectable qu'il a devant lui. Un cas choquant, marquant, qui anticipe le mouvement #moiaussi.
Quelle image des femmes dans les téléréalités ?
La laideur féminine, une histoire de la misogynie